Revue thèmatique : la LIQUIDITE.
Séverine Sollier dans « La Tribune » du 16 avril 2012
Article intitulé : Bâle III : ce qui va changer au guichet de votre banque
« Après la crise, nombreux étaient ceux qui souhaitaient une plus grande sévérité vis à vis des banques, jugées responsables des pires excès. Mais c'était sans compter les effets pour les clients de la nouvelle réglementation qui se prépare. Au sein de l'édifice complexe des normes Bâle III qui vont régir les obligations des banques concernant notamment la solvabilité et les liquidités, se cachent des surprises pour les consommateurs. Des mauvaises mais aussi de bonnes. Concrètement, certains produits d'épargne sur lesquels les clients sont libres de retirer de l'argent pourraient à l'avenir comporter des pénalités en cas de retraits les premières années ou une durée de préavis minimum avant un retrait. L'objectif est que l'épargne puisse rentrer dans la catégorie des "ressources stables qui permettent de financer des crédits longs". Le vrai sujet d'inquiétude pour les banques aujourd'hui ce sont les ratios de liquidités, explique Eric Delannoy, vice-président du cabinet conseil Weave. Il s'agit des volumes de liquidités que les banques doivent mobiliser voire immobiliser pour être autorisées à accorder des crédits. Schématiquement, le métier de banquier est en effet de prêter à long terme (par exemple des crédits immobiliers) à partir de ressources courtes (les dépôts). C'est son métier de transformation et d'intermédiation. "Obliger les banques à avoir une maturité équivalente entre ce qu'elle prête et ce qu'elle emprunte change leur métier et leur business model", estime Eric Delannoy. La politique commerciale des banques pourrait en effet être affectée par la nécessité pour les banques d'afficher des "ressources stables" en face de leur crédit à long terme. Ainsi le même dépôt serait comptabilisé différemment selon le client dont il émane. S'il s'agit d'un client dont les revenus sont domiciliés dans la banque (par opposition à celui qui n'y a qu'un compte accessoire), d'un client présent depuis plusieurs années et qui possède plusieurs produits, alors ses dépôts seraient considérés comme "ressource stable". Il paraît clair en tout cas, que les banques auront intérêt à densifier leur politique de fidélisation (à coup de bonus de rendement, de promotions et de réductions) au plus grand profit de leurs clients les plus anciens. Pour accroître leur capacité de crédit, les banques se livrent déjà à une course aux dépôts et à la collecte d'épargne. Certes, les Français ont un taux d'épargne très élevé (autour de 17%) mais la moitié est captée par l'immobilier et pour la part restante, l'assurance vie tient encore une très large part. Trop large selon les banquiers, qui cherchent par tous les moyens à faire basculer cette épargne de l'assurance vie, qui est comptabilisée hors du bilan bancaire, vers des produits qui eux, figurent dans le bilan de la banque. Etre imaginatif pour augmenter les ressources au bilan de la banque. Le défi est permanent. A commencer par le crédit immobilier qui cumule deux handicaps. Il est "consommateur de liquidités et il était jusqu'alors faiblement rentable car utilisé comme produit d'appel par les banques". Des hausses de prix sont donc à prévoir -elles ont même déjà commencé- de même qu'un renforcement des critères de sélection. Une étude de Standard & Poor's prévoit d'ailleurs une contraction de 20% des nouveaux crédits en 2012 par rapport à 2011. Quant aux entreprises, en particulier les PME, elles pâtiront aussi des conséquences de Bâle III. "Pour une PME le coût d'un financement par un crédit bancaire est moins élevé que le coût d'un financement par le marché", indique Jean Criton, car il faut faire appel à une agence de notation, respecter les obligations juridiques et faire réaliser l'opération financière elle-même. Pour mutualiser les coûts, certaines PME ont commencé à se regrouper pour lancer des émissions obligataires. Ces "crowdfunding" ou financement collectif pourrait bien se mutliplier dans l'avenir.
Commentaire : Il est écrit « les Français ont un taux d'épargne très élevé (autour de 17%) mais la moitié est captée par l'immobilier », que restera-t-il de cette épargne après le krach immobilier ? Quid de la responsabilité des banques qui ont tout fait pour prêter un maximum, quitte à augmenter les durées d’endettement des jeunes acquéreurs, pour faire passer des ventes à des prix délirants. Il est écrit « L'objectif est que l'épargne puisse rentrer dans la catégorie des "ressources stables qui permettent de financer des crédits longs". Le vrai sujet d'inquiétude pour les banques aujourd'hui ce sont les ratios de liquidités », de nouveau nous avons un exemple de la puissance des règles comptables. Règles comptables qui ne prennent toujours pas en compte les risques systémiques, la réelle liquidité et la faisabilité des performances annoncées aux investisseurs. Pour clore ce commentaire, le summum, il est écrit « Etre imaginatif pour augmenter les ressources au bilan de la banque. Le défi est permanent », effectivement la comptabilité relève plus de l’imaginaire que du réel, du bidouillage - pour que ça passe - que de la rigueur intellectuelle et morale. En un mot la comptabilité est passée au stade de l’imagination voire de la prestidigitation Le futur krach sera le krach de l’illiquidité des chiffres comptables. J’espère que les assurances responsabilité civile des comptables et des commissaires aux comptes (qui dans le monde des OPCVM certifient n’importe quoi) prendront à leur charge les « errements » comptables de leurs prestigieux clients. En fait, c’est impossible vu les montants en jeu.
Olivier Berruyer dans « Les crise.fr » du 16 avril 2012
Article intitulé : http://www.les-crises.fr/bfm-13-04-2012/#comment-14141
« Je suis parfois fasciné par cette propension à vouloir tout autoriser au nom de la “liberté”. Même si : en l’espèce, cela va être “la liberté de détruire le système financier” ; et que personne ne défend la liberté des contribuables de ne pas être appelés au secours quand les formidables spéculateurs vont se retrouver au tapis avec leurs banques… (et qu’on ne me sorte pas qu’il n’y a qu’à laisser tomber les banques, c’est quasi impossible contrairement à, à peu près, toute autre entreprise) Observez : ce sont toujours les mêmes arguments pour défendre l’injustifiable : la spéculation donne de la sacro-sainte “liquidité” – qui ne sera là que quand tout ira bien (donc quand on n’en aura pas besoin), qui aboutit à des prix déformés, et qui amplifiera la volatilité quand tout ira mal ; il faut impérativement se couvrir : alors que ce marché n’existe pas aujourd’hui – produits dispensables, donc ; sans spéculateurs, il n’y aura pas de marché. Ce qui est historiquement faux (les produits dérivés étaient à la base la rencontre de 2 intervenants de l’économie réelle). Mais bien sûr, sans spéculateurs, il y aurait une forte diminution de la taille du marché donc des capacités de couverture. Les spéculateurs ne font que leur travail : nous irons vers la restructuration des dettes, les taux vont flamber, il est donc intelligent de spéculer contre la France car il y aura beaucoup d’argent à gagner. Après, ou on laisse faire (et on ne se plaint pas) ou on interdit. MAIS l’interdiction de ce genre de produit ne résoudra pas le problème de fond : il y a 1800 Md€ de dettes non remboursables, et cela va diablement effrayer nos prêteurs… Triste, mais c’est ainsi – l’incurie dans la gestion de ses finances se paye toujours, un jour ou l’autre… « Les paris qui auront été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics, seront punis d’un emprisonnement d’un mois au moins, d’un an au plus. » [Article 421 du Code pénal, abrogé en 1885. NB : "effet" = obligation] « Sera réputée pari de ce genre, toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au temps de la livraison. » [Article 422 du Code pénal, abrogé en 1885] « Ne doit-on pas considérer comme des malveillants ceux qui, pour avilir les effets publics, s’engagent à en livrer dans un délai convenu des quantités considérables à un cours plus bas que celui du jour ? L’homme qui offre de remettre dans un mois à 38 francs des titres de rentes qui se vendent aujourd’hui au cours de 40 francs ne proclame-t-il pas et ne prépare-t-il pas le discrédit ? Ne montre-t-il pas au moins que personnellement il n’a pas confiance dans le gouvernement, et le gouvernement ne doit-il pas regarder comme son ennemi celui qui se déclare tel lui-même ? » [Napoléon Bonaparte, 1801] Et comme je me suis fait traiter de communiste avec Napoléon (c’est sûr que tout ceci se passait en -150 avant Ronald Reagan, une éternité…), voici une autre vision, d’une personnalité plus libérale : “En réalité, les instruments dérivés nous rendent bien des services, mais ils nous font aussi courir des risques très importants, qu’il ne faut pas se cacher. Ce n’est pas parce que ces sujets sont complexes que nous devrions abdiquer toute raison, et nous laisser impressionner par la sophistication des modèles mathématiques ou les paroles rassurantes des experts.[...] Ce qui est nocif pour l’économie, c’est la spéculation, le court terme. Il faut donc réglementer tout ce qui obère une vision de moyen et long terme. (Claude Bébéar, Ils vont tuer le Capitalisme - chapitre "Sortir de la spirale de la spéculation", entretien en 2002 avec... Philippe Manière)»
Pascal Canfin dans « La Tribune » du 16 avril 2012
Article intitulé : "Comment Bercy facilite la spéculation sur la dette française"
« A partir du 16 avril, il sera plus facile de spéculer sur la dette française. Non, Goldman Sachs ne vient pas d'inventer un nouveau produit financier, mais il s'agit d'une décision prise directement par l'agence France trésor (AFT), un service de Bercy en charge de placer la dette française. L'AFT a en effet autorisé Eurex - une bourse allemande spécialisée dans les produits dérivés - à commercialiser un produit "future" sur la dette française. Autrement dit, l'Etat français donne son feu vert pour acheter ou vendre à terme de la dette française, ce qui permet de se couvrir contre le risque lié à la détention d'obligations françaises mais aussi, et c'est là le problème, de spéculer sur l'évolution des taux d'intérêt français. Et ni la législation française, ni la législation européenne n'offrent de réels garde-fous. De plus, ceux qui assurent la promotion de ce type de produit, Eurex mais aussi l'Agence France Trésor font miroiter davantage de liquidité sur la dette française grâce à ces produits dérivés. Or, offrir plus de liquidité, c'est à dire la capacité d'acheter ou de vendre à tout instant, n'a pas que des avantages. Par temps calme, elle peut effectivement contribuer à diminuer le taux d'intérêt. Mais par gros temps, une telle liquidité entraine au contraire encore plus de volatilité et d'instabilité. Une situation que l'on ne peut exclure sur la dette française... D'ailleurs si la liquidité permanente devait conduire à une plus grande stabilité, on aurait déjà pu le mesurer depuis des années. La réalité est qu"il n'y a jamais eu autant de liquidité sur les marchés financiers... et jamais eu autant de crises financières rapprochées dans le temps. La décision, prise par l'Agence France Trésor, semble encore une fois avoir échappé au politique pour relever de la sphère technique où tous les intervenants, acteurs privés et publics, partagent le même corpus de valeurs et le même dogme de la liquidité permanente. Il est vraiment plus que temps que le politique reprenne la main sur la finance... »
Dans « H24 » du 7 novembre 2011
Article intitulé : Quatre banques françaises dans la liste des 29 banques dites d’importance « systémique » : Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, BNP Paribas.
« La liste a été dévoilée vendredi dernier lors du sommet du G20 qui s'est tenu à Cannes. En tant que conseiller financier, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle d’être dans cette liste ? Doit-on prévenir un client s’il possède un compte dans une de ces banques ? Pas facile de communiquer si on est un conseiller salarié... »
Commentaire : La question qui est posée devient une question de fonds pour toutes les activités financières. Faut-il taire et continuer de commercialiser des produits qui sont sujets à des risques de liquidité ? Quid des OPCVM ? Quid de la responsabilité future ?...
Marius Zahara, Benoit Van Overstraeten, édité par Jean Décotte dans « Boursorama » Reuters du 21 octobre 2011
Article intitulé : Madrid, Rome seraient solvables mais potentiellement illiquides :
« Le responsable des notes de crédit des dettes souveraines de Fitch Ratings s'est dit persuadé que l'Espagne et l'Italie étaient solvables tout en estimant vendredi que les deux pays étaient potentiellement illiquides. David Riley a également jugé qu'un créancier de dernier ressort crédible était nécessaire pour Rome et Madrid, soulignant que la Banque centrale européenne (BCE) devrait jouer ce rôle. »
Commentaire : Solvable en terme comptable (valorisation) mais non en terme de liquidité (prix). Arrêtons de vouloir laver plus blanc que blanc et de faire peur à l’ensemble des citoyens. Cette situation n’a rien de paniquant pour un Etat. La création de l’Europe financière est en route, maintenant, il faut lever les peurs qui ont été créées pour en arriver à sa création. Quelle sera l’attitude des « responsables » lorsqu’ils s’occuperont de l’illiquidité des OPCVM et qu’ils seront attaqués juridiquement sur la chaîne d’informations (non réalisable car non liquide) donnée aux clients et l’ensemble des frais prélevés sur ces valeurs illiquides ?
Nicolas Madeleine dans « Les Echos » du 18 octobre 2011
Article intitulé : Liquidité : les transactions entre banques et assureurs sous la loupe de Londres
« Tout à sa volonté de surveiller de bien plus près qu’avant la crise la solidité du système financier, le régulateur britannique suscite une nouvelle fois la colère de la City. Cette fois, ce sont les transactions dites « swaps de liquidité », conclues entre les assureurs et les banques dans le but d’améliorer les ratios de liquidité de ces dernières, que l’Autorité des services financiers (FSA) a en ligne de mire. Ces swaps fonctionnent de la façon suivante : désireuses de détenir des titres d’Etat parce qu’ils sont les seuls reconnus comme liquides par les régulateurs, les banques sollicitent les assureurs, qui en détiennent beaucoup. Elles leur proposent de les échanger contre des titres non éligibles au ratio de liquidité, comme des obligations d’entreprise, de la dette assise sur des actifs, par exemple immobiliers, ou tout autre type de prêt. Les assureurs s’y retrouvent en étant rémunérés pour le surcroît de risques qu’ils prennent. Ces swaps de liquidité se sont développés à partir de la fin 2008, lorsque les banques ont eu de sérieuses difficultés à trouver des ressources facilement mobilisables pour faire face à leurs échéances courtes. Le gendarme britannique veut en particulier s’assurer de la solidité des titres apportés par les banques dans l’échange. En jeu aussi, les conséquences d’une plus grande interconnexion entre les banques et les assureurs, car elle pourrait rendre ces derniers plus vulnérables. Selon le « Financial Times », une demi-douzaine de transactions de ce type ont déjà été suspendues par la FSA, Lloyds Banking Group étant concerné. En France, les assureurs-vie détiennent plus de 500 milliards d’euros de titres d’Etat. Si le développement des swaps de liquidité a démarré en Suisse puis aux Etats-Unis, il s’est répandu en France : BNP Paribas, Société Générale et Natixis en auraient négocié. Les régulateurs sont aussi vigilants. »
Commentaire : De nouveau, nous retrouvons des dogmatismes comptables.
Anne Drif dans « Les Echos » du 12 septembre 2011
Article intitulé : Une nouvelle mesure de la liquidité est en préparation
« La défiance des investisseurs rend plus urgent que jamais l’affichage d’indices de liquidité fiables par les banques. »
Commentaire : Trésorerie = cash disponible. Liquidité = possibilité de négocier les lignes d’investissement sans déstabiliser à la baisse le marché. Liquidité = crédibilité des performances annoncées. Quand va-t-on enfin faire ce constat pour les OPCVM ? Trop souvent, nous entendons dire que tel ou tel OPCVM est liquide en confondant trésorerie et liquidité. Pour rappel, la liquidité est la possibilité de négocier les lignes d’investissement sur le marché lorsqu’elles respectent une cohérence avec les volumes échangés quotidiennement. La trésorerie, elle, est constituée par le cash disponible. Un fonds peut très bien avoir de la trésorerie mais être « illiquide ». Il est écrit « La défiance des investisseurs rend plus urgent que jamais l’affichage d’indices de liquidité fiables par les banques. », à quand la généralisation de l’indice de liquidité 3L pour les OPCVM ?
Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue dans « La Tribune » du 15 juillet 2011
Article intitulé : Stress tests : « Le principal problème réside dans la liquidité du système bancaire »
« Pour les banques irlandaises, il faut rappeler qu’elles n’ont pas été défaillantes au titre de leur ratio Tiers One, mais au niveau de leur liquidité. Ce que je regrette, c’est que les autorités européennes se bornent à tester la solvabilité des banques alors que le principal problème réside dans la liquidité du système bancaire. »
Commentaire : La solvabilité des banques relève de la comptabilité. A ce titre, elle est « manipulable » et « organisable ». La liquidité relève de la réalité. A ce titre, si nous continuons à nous cacher les yeux, lorsqu’elle se manifestera, nous connaîtrons une crise d’une ampleur insoupçonnée.
Eric Albert et Jérôme Marin dans « La Tribune » du 13 juillet 2011
Article intitulé : Pour quelques microsecondes de moins... et quelques milliards de plus
« « La sécurité d'abord ». Et ce ne sont pas des paroles en l'air ! Codes d'accès, scanners biométriques, caméra de surveillance tous les deux mètres... c'est une véritable forteresse. Car les trois gigantesques salles de ce centre abritent les infrastructures technologiques de banques (comme Morgan Stanley) et d'hedge funds. Chaque jour, des milliards de dollars de transactions transitent par ces milliers de serveurs et ces kilomètres de câbles de fibre optique. Avec un seul objectif : la vitesse, à l'heure du courtage à haute fréquence (« high frequency trading », HFT). « Chaque microseconde compte, explique Jayesh Punater. Si vous réagissez une microseconde après quelqu'un d'autre, il est déjà trop tard. » Dans cette course de vitesse, tout compte pour gagner quelques fractions de seconde. L'emplacement des serveurs par exemple : les grandes banques et les hedge funds louent très cher des emplacements à l'intérieur des centres informatiques des Bourses. En juin 2010, la société de câblage Spread Networks a posé un réseau dédié au courtage à haute fréquence pour faire l'aller-retour entre New York et Chicago en 13,3 millisecondes. Gain de temps ? Deux millisecondes par rapport à ce qui existait auparavant. C'est suffisant pour convaincre de riches traders de payer pour utiliser ce réseau. À quoi bon cette précipitation ? Parce que jamais la notion de « temps, c'est de l'argent » n'a été aussi vraie. Le HFT est une stratégie d'investissement à très court terme qui consiste à acheter et à revendre des actifs très rapidement. Parfois, presque simultanément lors d'opérations d'arbitrage, la façon la plus simple de gagner de l'argent avec le HFT : l'ordinateur compare par exemple les prix d'une même action entre deux places boursières, et peut ensuite aisément jouer sur la différence pour l'empocher. Tout est entièrement informatisé, et l'homme n'intervient à aucun moment. « Chaque opération ne rapporte que quelques centimes, explique Jonathan Brogaard, professeur à Northwestern University. Mais en multipliant les transactions, les meilleurs traders parviennent à dégager des profits très solides. » « Ce n'est pas seulement une course à la vitesse, nuance Victor Lebreton, directeur chez Quant Hedge. C'est également une course à l'exécution : le bon prix, le bon volume, le bon marché au bon moment. ». Aux États-Unis, les actions sont détenues en moyenne... 22 secondes avant d'être revendues. »
Commentaire : Cet article est très intéressant car il prouve que les pros travaillent les volumes (liquidité) tandis que les autres ne les regardent même pas…jusqu’au prochain choc systémique. A ce moment là, les pros seront partis et les banques se feront renflouer par l’argent des citoyens…enfin s’il en reste suffisamment.
Anne Bodescot dans « Le Figaro » du 6 juillet 2011
Article intitulé : Les régulateurs s’inquiètent du succès croissant des ETF
« Près de 1 500 milliards de dollars ! C’est la somme colossale investie dans le monde dans les ETF (Exchange Traded Funds). Ces dix dernières années, les montants gérés par ces fonds ont bondi de 34 % par an. À ce rythme, ils rivaliseront bientôt avec les hedge funds (2 000 milliards de dollars). Et la valeur la plus échangée à Wall Street est un ETF. Car désormais, il existe des ETF sur presque tous les indices boursiers du monde - y compris dans les pays émergents -, sur les obligations et même sur les matières premières (un marché peu régulé, ce qui inquiète les autorités financières). Et l’imagination des émetteurs d’ETF est sans limite. Ils ont par exemple conçu des ETF qui jouent sur la volatilité des marchés ou qui copient des stratégies de hedge funds. Ou des ETF « inversés », dont la performance quotidienne est l’exact opposé de celle d’un indice boursier (par exemple, si le CAC 40 perd 2 % dans la journée, un ETF inversé sur cet indice gagne 2 %). Ou encore des ETF « à levier », qui doublent ou quadruplent la hausse ou la baisse de l’indice. De quoi semer une certaine confusion. L’industrie des ETF, malgré son essor, représente moins de 4 % de l’ensemble de la gestion d’actifs. Mais les grands ordonnateurs de la finance mondiale l’ont vu avec la crise du subprime : un tout petit marché peut faire courir de grands dangers. Ils ont donc passé au crible le fonctionnement de ces produits. Les régulateurs s’intéressent aussi au rôle des teneurs de marché, ces banques qui assurent la liquidité des ETF tout au long de la séance boursière, en achetant et revendant les parts au gré de la demande des investisseurs… à des prix en principe les plus proches possibles de l’indice lui-même. Mais qui, dans certains cas, s’en écartent beaucoup trop. Pire, ces opérateurs cessent d’assurer leur mission quand les conditions de marché deviennent trop périlleuses. C’est ce qui a entraîné la suspension de cotation de certains ETF sur les actions japonaises après Fukushima. »
Commentaire : Les banques n’assurent pas la liquidité, elle l’organise…tant que tout va bien !
Stephane Le Page et Laurence Boisseau dans « Les Echos » du 20 juin 2011
Article intitulé : La multigestion alternative s'adapte aux nouvelles exigences des investisseurs
« La multigestion alternative cherche un second souffle. Depuis la chute de Lehman Brothers, les encours de cette gestion - qui consiste à créer puis à gérer des OPCVM investissant dans des « hedge funds » -n'ont cessé de fondre. Selon les chiffres d'EuroPerformance-Six Telekurs, les actifs de la catégorie des OPCVM alternatifs, qui comprend essentiellement de la multigestion alternative, ont chuté de 28 milliards d'euros, à mi-2007, à 4 milliards d'euros à fin mai. « Les banques qui utilisaient les effets de leviers financiers (dettes) de manière intensive ont eu d'énormes besoins de liquidité pendant la crise. Elles sont venues les chercher, entre autres, dans la gestion alternative. Et leurs clients privés aussi », raconte Cyril Julliard, président d'Eraam. « De plus, les investisseurs n'ont pas apprécié que les règles du jeu changent au plus fort de la crise », ajoute Frédéric Pétiniot, directeur général d'Amadeis. Face à une situation devenue insupportable pour ces spécialistes, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a en effet débloqué les « gates » qui permettent aux gérants de limiter le montant des retraits des investisseurs à un pourcentage de l'actif net du fonds et les « side pockets » pour cantonner les actifs défaillants. « Avec ce scandale, les investisseurs ont bien compris que, en allant dans l'alternatif, il ne faut pas oublier l'essentiel, à savoir bien comprendre quels sont les déterminants de la performance », rappelle Mathieu Vaissié. « On intervient de plus en plus dans les comités d'investissement des zinzins, en amont du scénario global », signale Mathieu Vaissié. Transparence et liquidité sont devenus les maîtres mots. « La liquidité offerte par ces produits est un faux-semblant de sécurité. Car les promoteurs qui ont décidé du passage à Ucits ne se sont pas posés les bonnes questions, notamment que la liquidité pouvait nuire à la performance et que ces fonds s'exprimaient pleinement sur le long terme », tempère Serge Darolles. »
Commentaire : Cet article rappelle quelques notions de base : comprendre les déterminants de la performance annoncée, la liquidité des lignes d’investissement…. Malgré les enseignements de la dernière crise, je pense que rien n’a changé. Il n’y a de nouveau place que pour le consensus mou de l’autruche. La tête dans le sol pour ne pas voir la réalité…Et quand cette dernière jaillira, on pourra dire que l’on ne pouvait pas savoir et que l’on avait fait comme tout le monde. Cela dit, qu’en penseront les juristes qui sont de plus en plus aguerris au monde financier ?
Valérie Segond dans « La Tribune » du 20 juin 2011
Article intitulé : Quand les marchés font avancer la politique
« Ouf ! On a évité l'enclenchement, par crise bancaire et contagion interposées, d'un mécanisme qui menait tout droit à l'éclatement de l'euro. Mais ne nous leurrons pas sur le sens de ce compromis bricolé à la dernière minute, qui ne répond une fois de plus qu'à une crise de liquidité. Car le renouvellement ne résout pas le problème de fond : l'insolvabilité structurelle de la Grèce, à savoir son incapacité à rembourser des dettes beaucoup trop importantes pour son économie petite et peu compétitive. Pour sortir de cette impasse, il n'y a que deux voies : la voie économique, en réduisant le volume des dettes par une restructuration. Mais ni la France, très engagée par ses banques et ses compagnies d'assurances, ni la BCE, qui détient plus de 40 milliards d'euros de dettes grecques, n'en veulent. Reste la voie politique. Car qui peut croire que les créanciers privés maintiendront volontairement leurs positions sur un pays insolvable ? Ils ne le feront qu'avec la garantie explicite et détaillée des États de l'union monétaire qui s'engageront fermement à ce que la Grèce ne fasse pas défaut. En clair, ils ne resteront que si, et seulement si, nous payons pour elle. Jamais le destin des marchés et celui de la politique n'ont été aussi liés. L'inquiétant est que le fédéralisme est une vieille utopie dont personne ne veut. La bonne nouvelle pourtant, c'est qu'il est en train de se construire à petits pas : la Commission européenne ne va-t-elle pas viser les budgets des États avant même leur examen par leur Parlement ? Et n'est-ce pas à Berlin et à Bruxelles que se définissent aujourd'hui les politiques économiques de la Grèce, du Portugal, et demain de l'Espagne, et peut-être même de la France ? Comme le reconnaissait il y a peu Manuel Barroso, les marchés imposent l'intégration politique. Mais, chut... il ne faut surtout pas le dire. »
Commentaire : De nouveau, il est mentionné que le problème est la liquidité. Dommage, qu’il ne soit pas mentionné que ce problème de liquidité n’existe que parce que la comptabilité a fabriqué des valeurs irréalisables. Est-ce plus un problème de liquidité qu’un problème de comptabilité ? Comment rendre liquide des valeurs irréalisables si ce n’est en mettant fin à ces valeurs ? Et si le dernier krach n’était pas un krach boursier mais un « krach comptable » ? Dans un autre domaine, je n’ai de cesse de vous rappeler que les mouvements géopolitiques actuels n’ont pour objet que de mettre en place l’Europe financière. Cette Europe financière ne se bâtira que sur une Europe politique réelle. Nous vivons petit à petit la fin de l’indépendance politique financière de nos pays en faveur de la création politique de la Fédération Européenne. Vive l’Europe ! L’Europe qui, seule, est garante de Paix…Encore faut-il se prémunir d’une certaine finance. N’oublions jamais que les camps de concentration humains ont toujours été précédés de camps de concentration économiques. Aucun Etre humain n’est programmé pour la guerre ou la révolte. Seule, la situation dans laquelle il est mis le pousse aux extrèmes.
Dans « La Tribune » du 14 juin 2011
Article intitulé : Les ETF, nouveaux produits toxiques?
« Depuis l'explosion de la crise financière fin 2008, la plupart des banquiers se défendent en disant que les produits les plus toxiques ont désormais quasiment disparu du marché. Mais s'il est vrai que les fameux CDO, CDO Square et autre ABCP se font rares, l'inventivité financière n'a en rien été arrêtée. À tel point qu'un nouveau produit, appelé Exchange Traded Funds (ETF), pourrait peut-être apporter la prochaine bulle toxique. Dans la mesure où les ETF sont cotés, ils peuvent être achetés ou vendus facilement. Cela permet aux investisseurs de gérer facilement leur portefeuille, un jour en s'exposant plus aux actions japonaises ou un autre en réduisant leur présence en obligations américaines, par exemple. Le tout s'opère à moindre coût, et plus rapidement, que s'il fallait acheter les actions ou obligations sous-jacentes. Cette simplicité a permis une véritable explosion des ETF. En moyenne, ils progressent de 40 % par an depuis 10 ans, pour atteindre environ 1.200 milliards de dollars actuellement. Mais c'est là que ça se complique. Avec le succès, les ETF ont commencé à se complexifier. On a inventé des ETF dans des produits nettement moins liquides (matières premières, « small-caps » russes...), d'autres avec effet de levier, ou d'autres encore destinés à vendre à découvert un indice. Si bien que les investisseurs, qui croient posséder des produits simples et transparents, ont peut-être dans leurs mains des actifs nettement plus compliqués. Straight Talking. « Je pense que beaucoup de petits investisseurs imaginent que les ETF sont comme des fonds indiciels. Certains le sont, mais beaucoup ne le sont pas. En particulier, la performance des ETF vendus à découvert, ou à effet de levier, peut être très différente (...) d'un simple fonds indiciel. » L'avertissement de Terry Smith n'est pas le premier. En avril, le Financial Stability Board (FSB) s'inquiétait de même. Il visait notamment les ETF dits « synthétiques », courants en Europe. Au lieu d'acheter les actifs sous-jacents qui forment l'indice suivi (les actions qui forment le CAC 40 ou le FTSE 100...), ces ETF passent un contrat de « swap », achetant d'autres actifs mais garantissant avec le « swap » qu'ils pourront échanger ces derniers contre les actifs formant l'indice. La structure est complexe et opaque. Et surtout, elle peut tenter les tricheurs : une banque peut être incitée à lancer des ETF pour financer des actifs peu liquides, garantis contre un swap, accuse le FSB. Que se passerait-il si les détenteurs d'ETF les vendaient en bloc lors d'une panique financière ? Les contrats de swap risqueraient de ne pas pouvoir être honorés, et les investisseurs ne pourraient pas retirer leur argent. Une rupture du marché similaire à celle de Lehman Brothers n'est pas à écarter. Le Financial Stability Board en appelle donc aux régulateurs, pour qu'ils se penchent sur ce secteur. Mais avant qu'une régulation efficace se dessine, la bulle ETF a largement le temps de gonfler. »
Gilles Coville dans « Les Echos » du 8 juin 2011
Article intitulé : Risques synthétiques
« Le Lyxor ETF Leveraged Nasdaq 100 est un « tracker » qui promet deux fois la hausse (ou la baisse) des stars de la high-tech cotées aux Etats-Unis. Combien de ses détenteurs ont-ils la curiosité de vérifier où ce fonds commun de placement vendu de ce côté-ci de l’Atlantique est effectivement investi ? Surprise : ses dix premières lignes sont toutes européennes, surtout françaises d’ailleurs, de Total à Carrefour en passant par LVMH et BNP Paribas ! C’est ce que les professionnels appellent un « tracker synthétique », par opposition à un « physique ». Ce dernier réplique ligne à ligne son indice sous-jacent. L’autre procède d’une alchimie combinant diverses actions et produits dérivés qui en génère une synthèse artificielle. En prime, ainsi « européanisé », le « tracker » en apparence américain pur sucre est… éligible au PEA ! De telles chimères, il en existe désormais une infinie variété, pour jouer toutes les classes d’actifs. D’un côté, tournent des capitaux très mobiles d’un marché à l’autre, souvent empruntés et chassant leur rentabilité à coup de micro-arbitrages. De l’autre, les vrais investisseurs, prenant leurs risques à moyen et à long terme, se font rares et timides. L’opposition n’est pas nouvelle. Elle prend un nouveau relief avec les produits synthétiques qui multiplient les liens invisibles entre marchés et les risques de contreparties entre acteurs de la chaîne, les uns comme les autres ignorés de la plupart des consommateurs finaux. Le problème d’un tel enchevêtrement, la crise de 2008 l’a montré, c’est qu’en cas de pépin systémique, la liquidité des actions en fait des victimes immédiates. »
Commentaire : Il devient impératif pour les clients de refuser ces produits. Pour les professionnels aussi car, en dehors de l’éthique, ils prennent des risques juridiques très importants. Combien de professionnels commercialisant ces produits ont fait (et savent faire) l’analyse de Monsieur Coville ?
Christèle Fradin dans « La Tribune » du 31 mai 2011
Article intitulé : L'AMF dresse sa cartographie des risques
« Thierry Francq, le secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers, l'AMF, est revenu sur un certain nombre de sujets qui lui sont chers. Et notamment les risques pesant sur le processus de formation des prix sur les marchés d'actions, du fait de l'ouverture à la concurrence des marchés en novembre 2007 et en raison de l'évolution des technologies de marché qui ont contribué à faire modifier les pratiques de négociation. « Le mouvement de consolidation des Bourses et les pressions concurrentielles, ainsi que la concentration de la liquidité sur les grandes valeurs renforcent les craintes pour l'animation du marché des petites et moyennes valeurs. » Côté investisseurs, c'est le développement d'une offre de produits de plus en plus complexes et plus risqués (fonds à formule, certificats, CFD) qui inquiète le régulateur. »
Nessim Aît-Kacimi dans « Les Echos » du 18 mai 2011 :
Article intitulé : La mésaventure de RAB Capital inquiète les « hedge funds » cotés en Bourse
« Près de sept ans après avoir fait son entrée en Bourse, le « hedge fund » RAB Capital songe déjà à la quitter. En cause, la dégringolade de son cours et la fuite massive des clients suite à l'annonce de pertes et de contre-performances de ses fonds. De quoi faire réfléchir certains fonds sur les risques de la cotation. »
Blandine Blanc Durand dans « Les Echos » du 13 mai 2011 :
Article intitulé : OPCVM : comment évaluer les risques de chaque type de fonds
« « Le risque de liquidité est souvent méconnu, voire oublié alors qu’il est le premier risque de tout investissement », explique Denis Beaudoin, président de Finaltis. Lors de la crise de 2008, les marchés, dont certains figurent parmi les plus fluides (dette interbancaire, marché monétaire...) ont vu leur liquidité se réduire, voire disparaître, sous l’effet d’une défiance généralisée. Pour l’épargnant, ce dérèglement a conduit à des suspensions temporaires de valeurs liquidatives, donc à l’impossibilité de récupérer son investissement. La liquidité est un argument qui a contribué au succès de la gestion collective. Or« ce n’est pas l’OPCVM qui est liquide, mais les actifs dans lesquels il investit qui le sont un peu, beaucoup ou... pas du tout ». En d’autres termes, c’est donc la nature des actifs et leurs caractéristiques qui vont conférer à l’OPCVM plus ou moins de liquidité. »
Commentaire : Enfin ! La réflexion s’engage, petit à petit, sur l’importance de ne plus vendre des performances passées qui n’ont aucun sens car aucune faisabilité pour la plus grande partie des porteurs de parts. Avant les « révolutions » des années 1980 (déréglementation), le marché boursier était fréquenté pas les « boursicoteurs ». Ces « boursicoteurs » travaillaient des lignes d’investissements dans le but de faire de la plus-value ligne par ligne (une ligne est composée d’un nombre de titres d’une même valeur). Depuis la déréglementation, l’importance des volumes est passée à l’arrière-plan en faveur de la performance réalisée à une heure précise sur un petit nombre de titres. Depuis cette révolution, la standardisation des raisonnements et l’approche bancaire ont totalement déstabilisé les marchés. Ces derniers sont devenus des pantins où l’on ne parle que de performance fictive et non de performances réalisées ou réalisables (la performance dont on parle n’a en fait été réalisée que sur un très faible pourcentage de l’ensemble des titres en circulation). Le système d’évaluation des OPCVM crée ses propres inflations et déflations. Quelques titres échangés à la hausse et c’est l’euphorie ; quelques titres échangés à la baisse et c’est la panique. La valeur actuelle relève de l’abus de confiance. Car si les valeurs indiquées ne sont pas analysées en termes de faisabilité (liquidité), il est fourni une donnée erronée à l’intermédiaire financier et aux clients. En effet, comme vous l’aurez compris, il est extrapolé le fait qu’un échange d’un faible pourcentage de titres réalisés à une heure précise devienne une référence de valeur. Quoi de plus déstructurant économiquement que de partir du principe qu’un simple échange détermine la valorisation de millions voire de milliards de titres. Quoi de plus stupide ? A quand la généralisation de l’utilisation de l’indice de liquidité 3L ? Cet indice est un indice de crédibilité des performances annoncées. Il est basé sur la liquidité des lignes d’investissement. Voir lien : http://www.auroragestion.com/pages/la-gestion/sE9rE9nitE9-dynamique/inventaire.php
Egalement sur ce thème :
Article écrit en février 2007 : www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/comparatif-de-performances.php
Article écrit en octobre 2006 : http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/et-si-levaluation-des-sicav-et-fcp-etait-fausse.php
M RN dans « Les Echos » du 13 mai 2011 :
Article intitulé : Les régulateurs comptables s’accordent sur l’évaluation des instruments financiers
« C’était l’une des premières exigences du G20 après l’éclatement de la bulle de crédit fin 2008. Les organismes chargés d’édicter les normes comptables mondiales et américaines, respectivement l’International Accounting Standards Board (IASB) et le Financial Accounting Standards Board (FASB), ont annoncé hier s’être mis – en partie – d’accord sur le délicat dossier de la « fair value », ou « juste valeur » en français. Décriée au plus fort de la crise financière, cette règle de comptabilité vise notamment les instruments financiers échangés entre grands établissements bancaires et consiste, en résumé, à les évaluer à leur valeur de marché. Lorsque plusieurs marchés de crédit se sont gelés, fin 2008, la valeur des instruments financiers complexes comptabilisés en « fair value » s’est brutalement effondrée, créant des trous béants dans le bilan des compagnies d’assurances et banques d’investissement concernées. D’où une remise en cause du champ d’application de la juste valeur et l’exigence des régulateurs mondiaux de faire converger les principes comptables émis par l’IASB et le FASB. »
Commentaire : Nous y arrivons ! Petit à petit, les investisseurs vont comprendre que la dernière crise boursière a été une crise de valorisation des titres. A ce titre, c’est une crise comptable. C’est bien parce que la comptabilité en déconnectant la valorisation d’un titre du prix effectivement réalisable lors d’une transaction financière significative en terme de volume échangé que nous sommes arrivés dans une situation SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancière ubuesque. Ubuesque mais très dangereuse. Il est urgent que les pouvoirs publics imposent de compléter la cotation actuelle par une cotation tenant compte des volumes. Cotation qui relèverait de l’information socialement responsable. Sur ce sujet voir : http://www.agencedecotationisr.com et http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/information-socialement-responsable.php
Christèle Fradin dans « La Tribune » du 11 mai 2011 :
Article intitulé : Les régulateurs américains évaluent l'aspect systémique des fonds monétaires
« En adoptant de nouvelles règles pour les fonds monétaires début 2010 portant à la fois sur la liquidité et la maturité des portefeuilles, la Securities & Exchange Commission (SEC) avait précisé qu'il ne s'agissait que d'une première étape. Le régulateur des Bourses américaines devait enclencher, à l'occasion d'une table ronde organisée ce mardi soir, une deuxième phase : l'évaluation des nouvelles mesures susceptibles de contrer le risque systémique de fonds monétaires confrontés à la multiplication des demandes de remboursement, en tirant les leçons de septembre 2008 (lire encadré). « Les événements de septembre 2008 ont prouvé que les demandes de remboursement pouvaient pénaliser les porteurs de parts mais aussi causer de sévères bouleversements sur les marchés de financement à court terme », au détriment des institutions financières et des entreprises (dont les fonds acquièrent la dette à court terme, les billets de trésorerie et certificats de dépôt), et donc de l'activité économique, soulignait en octobre dernier un comité mis en place par l'administration Obama sur les marchés financiers, auquel le Trésor, la SEC et la Réserve fédérale ont pris part. La SEC a soumis à consultation, jusqu'à la mi janvier dernier, les options avancées par ce comité. Le débat promettait d'être suivi. En France, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a exprimé son souhait de voir le G20 débattre des aspects systémiques des fonds monétaires. »
Mathieu Rosemain dans « Les Echos» du 27 avril 2011 :
Article intitulé : Trading de haute fréquence : trois firmes se partagent la moitié des ordres sur le CAC 40
« La Bourse de Paris se mécanise à vive allure. D’après une étude confidentielle des services de surveillance de l’Autorité des marchés financiers (AMF), la moitié des ordres émis sur les actions des sociétés du CAC 40 proviennent de trois membres de marché d’Euronext, l’opérateur boursier historique. Une proportion hors norme qui découle directement de la principale activité de ces trois firmes à l’identité préservée : le trading de haute fréquence. Cette pratique boursière récente consiste à se positionner le plus rapidement possible à l’achat et à la vente du titre visé pour bénéficier du meilleur prix. En jargon boursier, cela revient à se rapprocher au maximum de la fourchette « bid-ask », autrement dit de l’écart de valeur séparant les prix officiels de vente et d’achat d’un titre donné à l’instant T. Comme les marchés financiers évoluent sans cesse, cette fourchette change continuellement. Les traders de haute fréquence sont, eux aussi, en mouvement permanent. Assis sur des systèmes informatiques de première qualité et mis en œuvre par des algorithmes sophistiqués, ceux-ci sont à l’affût de toutes les opportunités qui peuvent se présenter à eux. Pour ce faire, ils sont même programmés pour émettre des essaims d’ordres dits « passifs », loin de la fourchette « bid-ask ». Ces derniers ne sont activés qu’en cas de forte variation du cours ou de l’existence d’un ordre agressif en sens inverse. Résultat : le taux d’exécution des ordres émis à haute fréquence ne dépasse pas 5 %. Et leur premier effet revient à gonfler les volumes. En Europe, plusieurs études de cabinets spécialisés indiquent que le trading de haute fréquence représente plus du tiers des volumes d’ordres totaux. Aux Etats-Unis, cette part s’élève entre 50 et 60 % des volumes sur les marchés actions. La création de plusieurs lieux d’exécution aux tarifs attractifs augmente le nombre d’arbitrages possibles à des coûts dérisoires. En particulier lorsque ces traders de haute fréquence sont considérés comme des « apporteurs de liquidité ». A ce titre, ils bénéficient souvent de rabais en fonction du nombre d’ordres émis. Les régulateurs américains et européens s’interrogent ouvertement sur les risques posés par ces outils pour la stabilité et l’équité des marchés, en particulier après le krach éclair du 6 mai 2010. Ce jour-là, l’indice Dow Jones s’était effondré de près de 10 % en quelques minutes, à partir, selon un rapport, d’un seul ordre automatique émis sur les marchés de dérivés. Les effets dévastateurs de ce dernier ayant été démultipliés par des réactions mimétiques en cascade de la part de traders de haute fréquence… »
Commentaire : En fait, le trading à haute fréquence fabrique la volatilité des cours via des volumes échangés à très haute fréquence tout en optimisant ses charges financières du fait du nombre important d’ordres émis. En aucun cas, ces marchés ne sont apporteurs de liquidité. En effet, la rapidité des échanges et le taux des ordres émis n’ont pour effet que de créer des risques très importants sur cette même liquidité en cas de krach. Les régulateurs n’ont pas à s’interroger sur « les risques posés par ces outils pour la stabilité et l’équité des marchés » car il est évident, et cela a été prouvé, que ce type de trading peut mettre à mal en quelques micro secondes l’ensemble du système financier mondial. Seulement, voilà ! Ce marché existe du fait des décisions des régulateurs…décisions dont les régulateurs n’ont pas anticipé les effets négatifs. A eux de mettre en place la solution, il l’a connaisse.
Irène Inchauspé dans « Challenges » du 21 avril 2011 :
Article intitulé : La leçon de Pébereau aux lycéens de Turgot
« Quatre causes à la crise, donc : les grands déséquilibres mondiaux, la responsabilité de certaines banques (surtout anglo-saxonnes), des contrôleurs qui n'ont pas fait leur boulot et, plus original, l'illusion de liquidité. Là, les regards dans la salle sont perplexes : quèsaco ? Le pédagogue explique : les acteurs de marché ont cru que tous les actifs pouvaient être transformés en titres et vendus sur le marché. Interrogé sur le thème « pourquoi personne n'a rien prévu », il rappelle que « les banques françaises, italiennes, australiennes et canadiennes n'ont pas été aussi affectées par la crise que les autres ». »
Commentaire : Qu’hier, les banquiers et les contrôleurs n’aient rien prévu et/ou n’aient pas fait leur boulot est une chose, mais qu’ils continuent à fermer les yeux sur le manque de liquidité et les performances fictives annoncées aux épargnants et aux investisseurs en est une autre. Le système de « liquidité » et de valorisation boursier est totalement défaillant. Faudra-t-il attendre la prochaine crise pour qu’ils se bougent ? A qui rejetteront-ils le fruit de leurs défaillances ? Aux conseils en investissements financiers, aux conseils en gestion de patrimoine, aux courtiers, aux sociétés de gestion de portefeuille…
François Vidal dans « Les Echos » du 11 avril 2011 :
Article intitulé : « Stress tests » bancaires : la communication au pouvoir
« Autant le dire tout de suite, les « stress tests » des banques européennes vont faire « pschitt ». Ils ne se solderont pas par une longue liste de recalés contraints de se recapitaliser en urgence, seul critère susceptible de rassurer la communauté des investisseurs sur leur sévérité. Certes, la crédibilité de ce second opus de l’examen de santé des banques du continent sera plus grande que celle du brouillon de l’été 2010. Pour mémoire, les tests, laissés à la main des superviseurs nationaux, avaient conclu à une insuffisance de fonds propres pour 7 banques seulement, dont aucune basée en Irlande. Instruits de ce fiasco, les régulateurs ont heureusement retenu la leçon. Ils en ont donné un aperçu vendredi dernier en dévoilant un cadre de travail plus strict qu’en 2010. Surtout, il ne s’agit plus seulement de tester la solvabilité des banques, mais aussi leur liquidité. Mais cela ne suffira pas. Pour convaincre les investisseurs et restaurer la confiance, il faudrait leur donner ce qu’ils demandent, c’est-à-dire trois choses pour l’essentiel. D’abord, se montrer plus restrictif sur le niveau requis pour réussir l’examen. Ce qui suppose de rehausser encore la taille du matelas de fonds propres devant subsister au terme des tests. Sur la nature du stress, ensuite. Les marchés appellent de leurs vœux un scénario de dérapage macro-économique vraiment stressant, c’est-à-dire prévoyant une récession profonde accompagnée de chocs sectoriels notamment immobilier. Enfin, et c’est bien là tout le problème, ils veulent que les examinateurs envisagent l’hypothèse du défaut d’un Etat de la zone euro, c’est-à-dire qu’ils mesurent l’impact de la restructuration de la dette de la Grèce ou de l’Irlande par exemple sur les comptes des banques européennes. Or, si, sur les deux premiers points les positions ne semblent plus irréconciliables depuis vendredi, sur le troisième, en revanche, un fossé sépare toujours les deux camps. Car les autorités refusent d’envisager la faillite d’un Etat européen. Et ce pour deux raisons. «On ne provisionne pas la fin du monde », ont-elles coutume d’expliquer. En clair, un tel événement serait le point de départ d’une réaction en chaîne aux conséquences tellement dramatiques qu’il n’est pas question de l’envisager. D’autant que l’Union européenne s’est engagée à ce que pareille catastrophe ne se produise pas avant mi-2013 au moins. En clair, le démontage des échafaudages mis en place pour soutenir le secteur financier pendant la crise a commencé. »
Franck Willaime, directeur général de Cadis, dans « La Tribune » du 23 mars 2011 :
Article intitulé : La gestion démunie face au risque de contrepartie
« Trois ans après l'effondrement de la banque Lehman Brothers, les gestionnaires de fonds peinent encore à évaluer leur exposition au risque de contrepartie. L'injection des données de contrepartie et leur harmonisation avec les données internes permettent aux fonds de diagnostiquer leur niveau de risque. Associer un chiffre au degré d'exposition au risque de contrepartie est crucial. Les partenaires, tout comme les autorités de contrôle, attendent désormais des institutions qu'elles tiennent ce chiffre à disposition en permanence. Les données de qualité médiocre sont le présage de décisions peu pertinentes. Par exemple, dans le cas des dérivés OTC, il ne s'agit pas simplement d'acheter les informations immédiatement disponibles portant sur le risque de contrepartie et d'attendre qu'une contrepartie centrale élimine les risques. Cela s'applique également à d'autres catégories d'actifs dans la mesure où il convient d'intégrer les données à d'autres ramifications de l'entreprise. La gestion du risque de contrepartie représente aujourd'hui l'un des plus importants problèmes d'ordre commercial et opérationnel rencontrés par les gestionnaires de fonds. Les entreprises se doivent de renforcer leurs bases de calcul du niveau de risque en continuant à investir dans la mise en oeuvre de contrôles internes et de processus systématiques appropriés. L'accès à des données nettoyées de qualité revêt une importance capitale. »
Commentaire : A quand la généralisation de l’indice de liquidité 3L et de sa pyramide des liquidités dans les documents retraçant les performances boursières ? A quand une approche professionnelle d’analyse des performances annoncées par les gestionnaires d’OPCVM ?
Sur ce sujet voir article :
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/et-si-levaluation-des-sicav-et-fcp-etait-fausse.php
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/comparatif-de-performances.php
Réjane Reibaud dans « Les Echos » du 15 mars 2011 :
Article intitulé : BNP Paribas a rouvert ses deux fonds gelés en novembre.
« L’histoire commence le 29 décembre lorsque « le Canard enchaîné » révèle la suspension de la cotation de ces deux fonds (Opportunity et Serenity). L’hebdomadaire avance alors comme explication une situation d’urgence provoquée par des demandes de rachats massifs de la part des investisseurs. »
Commentaire : Cette situation d’illiquidité est la situation de la quasi-totalité des OPCVM en cas de retraits massifs. Quid de la prochaine crise ? A quand l’obligation pour les OCVM de spécifier leur indice de liquidité ?
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 15 mars 2011 :
Article intitulé : Les tsunamis de la finance mondiale
« En finance, il y a aussi une mer : c’est la liquidité. Quand elle devient trop abondante, elle emmène les prix n’importe où, puis elle se retire en laissant un champ de ruine. Or les banques centrales ont ouvert en grand les robinets à liquidités, au début des années 2000, puis à nouveau en 2008, pour éviter un assèchement brutal des marchés financiers. Mais la mer de liquidités financières des années 2000 a entraîné la crise de 2008. Et celle de 2008 provoquera des dégâts dont nous n’avons pas idée. Il y a pourtant une différence majeure entre la liquidité financière et celle du tsunami : la première peut se contrôler à l’échelle mondiale. Encore faut-il le vouloir et agir. »
Marc Landré dans « Les Echos » du 14 mars 2011 :
Article intitulé : Banques : la mauvaise voie
« Après avoir contraint les banques à augmenter leurs fonds propres pour améliorer leur capacité à absorber des pertes, les régulateurs s'attaquent à l'autre cause de mortalité bancaire, la crise de liquidité. Instruits des exemples de Northern Rock et Lehman Brothers, disparues pour ne pas avoir pu honorer leurs engagements en période de fortes tensions sur les marchés, les sages de Bâle entendent imposer des normes beaucoup plus strictes. Une intention louable au nom de laquelle ils recommandent la constitution d'importantes réserves de liquidité, des coussins susceptibles de mieux amortir les chocs, tout en limitant dans le même temps la liste des actifs « liquides », c'est-à-dire pouvant entrer dans la composition de ces amortisseurs. Les crédits aux entreprises les mieux notées ou les prêts aux collectivités locales par exemple en sont exclus. De quoi changer radicalement les règles du jeu. Pour les banques, c'est certain. Si ces mesures sont adoptées en l'état, elles se transformeront en antichambre des marchés, puisque les nouvelles normes les inciteront à titriser un certain nombre de leurs engagements, pénalisant leurs ratios de liquidité. En clair, la crise aura conduit l'Europe à adopter un modèle de financement de l'économie furieusement inspiré de celui ayant court outre-Atlantique, alors même que la tempête financière est partie il y a quatre ans des Etats-Unis... Pour les particuliers comme pour les entreprises, l'impact sera significatif aussi. D'abord, il en résultera une offensive en règle sur leur trésorerie, afin de les convaincre de laisser ces avoirs dans les bilans bancaires plutôt que de les investir en assurance-vie ou en sicav monétaires. Ce qui n'est pas déplaisant. Mais la médaille aura son revers. Il ne fait guère de doute que ce sera au client de payer le prix de cette liquidité devenue plus rare. Financer un équipement, l'achat d'un bateau par exemple, coûtera plus cher. C'est le prix de la sécurité. Pas sûr que tout le monde ait intégré qu'il serait si élevé. »
Paul Lagneau-Ymonet, maître de conférence à Paris-Dauphine, Angelo Riva, professeur à l’European Business School Paris, dans « La tribune » du 2 mars 2011 :
Article intitulé : La bourse, une espèce en voie de disparition.
« En Europe, la directive Marchés d'instruments financiers (MIF), en vigueur depuis 2007, a parachevé le processus trentenaire de privatisation des échanges boursiers et des institutions qui les organisent. La concurrence entre Bourses privatisées, systèmes privés de négociation, et quelques grandes banques internationales sert une complexité financière dont on n'interroge plus aujourd'hui l'utilité sociale. Il faut d'abord rappeler que l'anomie actuelle est la conséquence directe des politiques de déréglementation mises en oeuvre ces vingt dernières années, avec le soutien intéressé des grandes institutions financières. Force est de constater, ensuite, que l'on est loin de l'enchaînement vertueux de la théorie qui a légitimé ces politiques : la concurrence entre dispositifs de négociation abaisserait les coûts des transactions, ce qui augmenterait la liquidité dont l'accroissement contribuerait, in fine, par l'abaissement du coût du capital. "Les marchés actions ne financent plus l'économie. Ils sont, comme l'admet un banquier, faits pour permettre aux professionnels d'arbitrer les amateurs" (Le Figaro, 11-10-2010), sans que les régulateurs n'y puissent rien. Devant la Commission d'enquête parlementaire sur la spéculation, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, l'a admis : "nous ne sommes plus à même de remplir notre tâche fondamentale de surveillance des marchés financiers." Dans ce contexte de concurrence déréglée, certaines Bourses fusionnent pour reconquérir leur position dominante, sans la dimension publique qui l'accompagnait jadis. La Bourse de Paris a d'ailleurs été pionnière, en participant, dès 2000, à la création d'Euronext, avec Amsterdam et Bruxelles, rejointes après par Lisbonne et la Bourse londonienne de produits dérivés (Liffe). En 2006, Euronext a préféré s'allier avec New York plutôt que l'opérateur boursier allemand. Pour Paris (a fortiori pour Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne), cette fusion constitue un camouflet, annonciateur d'une marginalisation qui n'est pas sans rappeler la fin des Bourses régionales, en France, dans les années 1990. La stratégie transnationale du nouvel ensemble bénéficiera à une poignée de banques et fonds d'investissement, seuls à même de profiter des opportunités de spéculation que l'opérateur boursier leur propose : colocation des serveurs informatiques, réduction des pas de cotation, gestion de dark pools... les profits de l'hyperliquidité pour les happy few ;affres de la liquidité fragmentée, avec son lot d'indétectables abus de marché, pour tous les autres : intermédiaires de second rang, é les metteurs noyés dans une cote pléthorique, gestionnaires d'actifs et régulateurs nécessiteux. Le mariage entre Nyse-Euronext et Deutsche Börse couronne la promotion bornée de la concurrence. Il démontre aussi qu'on n'a pas tiré les leçons de la crise. La constitution de multinationales de la finance est difficilement compatible avec la mise en place de règles qui permettent de contrôler l'activité des institutions financières. Une politique boursière alternative devrait se donner pour objectif de contenir et ordonner la liquidité financière.»
Commentaire : Cet article est très intéressant car il met, encore une fois, en exergue le problème de liquidité. Quelle bourse va se décider à être honnête devant ce problème de liquidité et mettre en place une « politique boursière alternative ayant pour objectif de contenir et ordonner la liquidité financière » ? Pour rappel, depuis plusieurs années (bien avant le krach) nous prônons la mise en place d’un système de cotation prenant en compte la liquidité. Actuellement, la plupart des OPCVM (SICAV et FCP) fournissent une fausse information aux porteurs de parts. Qui est responsable de cette fausse information et des abus de confiance (voire des vols) qui en découlent ? Tous les acteurs financiers et comptables. Quand va-t-on obliger les SICAV et les FCP à publier leur indice de liquidité 3L ainsi que leur pyramide des liquidités ? Vendre des performances irréalisables et irréalisées au public doit être rendu interdit par les régulateurs et les associations de Conseils en gestion de patrimoine, coutiers d’assurance, Conseils en investissements financiers etc…Sans cela, ces mêmes associations ne seront garantes que de prestations de piètre qualité. Piètre qualité qui, tôt ou tard, leur sera reprochée juridiquement par leurs clients et verront par l’ampleur de ces poursuites la fin de leur existence. A moins que ce soit leur « révolution éthique ».
Frédérique Garrouste et Guy Marchal dans « L’Agefi Hebdo » du 16 février 2011 :
Article intitulé : Liquidité bancaire. La grande inconnue.
« « Christian Noyer, président de l’Autorité de contrôle de prudentiel, « Le sujet de la liquidité touche directement les ‘business models’ et les structures financières des différents pays » » ; Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur et aux services « Nous allons faire une évaluation parallèle aux ’stress tests’ sur la question de la liquidité ». Selon l’étude d’impact de Bâle, 1 700 milliards d’euros seraient nécessaires au niveau mondial pour permettre aux banques de se conformer au ratio de liquidité court terme et 2 700 milliards pour le ratio à un an. « L’idée que des coussins de liquidité pourraient sauver les banques ne tient pas : le vendredi avant sa chute, Lehman Brothers disposait de 28 milliards de fonds propres et en fin de matinée, la banque avait perdu 20 milliards de dépôts !, rappelle un professionnel. La législation sur la liquidité telle qu’elle est projetée n’aurait retardé la chute que de 24 heures… »
Commentaire : C’est bien le système de valorisation comptable qui, déconnecté de la réalité financière, crée une valeur fictive. Valeur fictive comptable qui tôt ou tard devient valeur financière … après le krach. Krach financier ou krach de la valeur comptable ?
Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010 :
Article intitulé : Le casus belli des normes comptables
« Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne a priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse. »
Commentaire : C’est bien de la volatilité créée par « des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques » que vivent les produits dérivés. Après ce que nous avons connu, comment se fait-il que cette situation soit encore possible ? Comment se fait-il que les commissaires aux comptes couvrent encore ce vol et cet abus de confiance ? Seraient-ils intéressés à ce vol et à cet abus de confiance via leurs honoraires ? Et les organes de régulation censés protéger les épargnants ? La dureté des propos n’a pas pour objet « d’attaquer » mais bien de reposer la question : Moralité, « illégale » ou immoralité « légale » ? Les fonctionnaires sont payés pour suivre les ordres mais nous ? Et si nous choisissions de réfléchir à nos actes ?
Florent Berthat et Guy Marchal dans « L’Agefi Hebdo » de 18 février 2011 :
Article intitulé : Un maquis à ordonner
« Christine Lagarde « le risque est qu’à réguler trop fortement le cœur, les activités viennent à fuir aux périphéries du système financier. Il me semble que renforcer fonds propres et liquidité des banques sera de peu d’utilité si les banques transfèrent massivement leur activité de transformation ailleurs ; par exemple dans des titrisations sans fonds propres et porteuses de risques de liquidité… » A cela s’ajoute l’idée que plus les règles sont sévères, plus les banquiers ont intérêt à faire de l’arbitrage réglementaire et du levier en dehors du secteur bancaire officiel. Larry Summers, ancien conseiller économique du président Barack Obama « A propos de la régulation actuelle (Bâle III) perçue comme une « ligne Maginot » : « Ce qui est défendu est en effet imprenable, mais pas difficile à contourner ». Michel Aglietta, professeur à l’université de Paris Nanterre, « Le ‘shadow banking’ qui permet le transfert du risque du milieu bancaire à tout un ensemble d’apporteurs d’épargne non bancaire porte un risque d’illiquidité collectif » »
Commentaire : Cela fait plusieurs années que je milite pour que l’on intègre le volume échangé dans le système de cotation. L’intégration du volume échangé dans les cours annoncés aux porteurs de parts, en mettant fin à la virtualité des hausses ou des baisses boursières, fera mécaniquement baisser la volatilité des marchés. De ce fait, l’intérêt des produits dérivés et de certaines techniques financières, qui ne vivent que de cette volatilité virtuelle, se verra sans objet.
Est-il normal que des gérants « stars » puissent encore se prévaloir de performances irréalisées et irréalisables pour les porteurs de parts ? Lors de la prochaine crise, les avocats des porteurs de parts n’auront aucune difficulté à prouver que leurs clients ont fait l’objet d’abus de confiance lorsqu’ils ont investi sur des OPCVM au vu de performances passées irréalisées et irréalisables…si ce n’est dans l’application des règles comptables. Il est vrai que la responsabilité du régulateur pourra être engagée par les avocats des diverses parties puisqu’ils cautionnent cette situation en toute connaissance de cause.
Anne-Laure Frischlander, directeur général de BNY Mellon AM France, dans « La Tribune » du 10 février 2011 :
Article intitulé : Quand réglementation rime avec questions
« Le problème est-il réellement là où tout le monde semble s'accorder à le voir ? Faut-il à tout prix contrôler la finance et les mesures de régulation proposées sont-elles à la mesure des enjeux ? Les règles prudentielles ont été renforcées avec pour objectif d'améliorer la solvabilité des banques et des compagnies d'assurances. Les accords dits de Bâle III et de Solvency II, en cours de transposition dans le droit communautaire, visent donc à augmenter les fonds propres et réduire le risque de liquidité. Cependant, pour ce faire, les nouvelles règles prudentielles ont été fondées sur des présomptions actuarielles passées et sur une base de calcul qui ne prend pas en compte des perspectives futures ou des conditions de marché différentes. Il peut alors s'ensuivre la création de nouveaux risques non révélés par les statistiques. Par exemple, la surexposition imposée aux emprunts d'États européens semble ignorer le risque souverain que nous connaissons aujourd'hui. Un manque à gagner en période d'intérêt réel très faible peut aussi engendrer une baisse sensible de rentabilité des banques. Et cela pourrait avoir pour conséquence de freiner le financement de l'économie ou de compenser, par des taux de crédit plus élevés, le manque à gagner. Bref, de pénaliser le consommateur final et de remettre en cause le principe d'une finance saine au service de l'économie. Il reste à connaître les effets collatéraux qui ne manqueront pas de survenir avec la mise en place de toutes ces nouvelles règles. Leur temps d'application est suffisamment long pour permettre aux institutions financières de s'adapter et créer, si besoin est, des solutions encore plus complexes pour échapper au régulateur. Ainsi, pour reprendre une citation de John Maynard Keynes, "le risque d'une prédominance de la spéculation tend à grandir à mesure que l'organisation des marchés progresse". Finalement, sur un plan moral, on pourrait même se demander si les réformes n'ont pas aussi pour objectif le rachat d'une conscience alors même que le résultat escompté sur l'intérêt général reste encore à prouver. »
R.R. dans « Les Echos » en date du 4 janvier 2011 :
Article intitulé : BNP Paribas a gelé deux fonds pour mieux assurer leur liquidité
« Ce gel, confirmé par la banque, n’est pas sans rappeler celui auquel elle avait procédé en août 2007 sur trois fonds d’investissement montrant que la crise américaine des crédits « subprime » était en train de se répandre en Europe. Néanmoins, l’agence Reuters s’est procuré hier une lettre envoyée par la banque à ses clients où elle indique que ces fonds en question – des fonds de fonds investis dans des hedge funds et baptisés « Opportunity » et « Serenity » – auraient été gelés à la suite de demandes« significatives » de rachat et non pas uniquement pour des raisons techniques liées à un transfert de gestion. Dans sa lettre datée du 26 novembre 2010, la banque écrit à ses clients que, « compte tenu des montants actuels et envisagés de rachats significatifs, le conseil d’administration considère qu’honorer immédiatement ces demandes de rachat avec les actifs liquides disponibles laisserait les investisseurs des fonds sous-jacents avec une portion plus importante d’actifs illiquides. »
Commentaire : Cette situation d’illiquidité est la situation de quasiment tous les FCP et SICAV commercialisés en France. A quand l’obligation pour les promoteurs de FCP et de SICAV de communiquer leur indice de liquidité 3L. Comment se fait-il que les Commissaires aux comptes certifient ce type de fonds ?
Jean-François Boulier, directeur général d'Aviva Investors Europe, dans "l'AGEFI Hebdo" du 11 novembre 2010 :
Article intitulé : Argent chaud.
Sans spéculation, les marchés seraient sans doute moins liquides et, par voie de conséquence, moins efficaces. Mais jusqu'où cet ragument tient-il ? Quel est le besoin de liquidité et ce besoin est-il stable ? Plutôt que d'interdire la spéculation au motif des excès, il me semblle préférable de l'accepter et de la limiter.
B.J. dans « La Tribune» daté du 20 octobre 2010 en page 24 :
Article intitulé : Le Comité de Bâle lâche du lest sur la liquidité et donne de l’air aux banques.
« Le Comité vient de donner un peu d’air au secteur en annonçant mardi soir, que l’entrée en vigueur du nouveau « ratio de couverture de liquidité » serait finalement repoussée à 2015, au lieu de 2012. Ce ratio de liquidité à un mois, qui précisera la quantité d’actifs très liquides que chaque banque devra détenir pour faire face à ses sorties de cash sur une durée de 30 jour. »
Dans « L’Agefi» daté du 19 octobre 2010 :
Article intitulé : Le Comité de Bâle plus souple sur la liquidité.
« Le Comité de Bâle, réuni à Séoul, a publié le rapport qui servira de base aux discussions du G20 Finance du 22 et 23 octobre sur les banques, et qui reprend les travaux publiés ces dernières semaines. Les régulateurs bancaires ont indiqué que le ratio de liquidité à 30 jours, dit LCR, ne sera obligatoire qu'à partir de 2015. Ce ratio sera soumis à une période d'observation qui débutera en 2011, avec une clause de révision. »
Christèle Fradin dans «La Tribune» daté du 29 septembre 2010 en page 31 :
Article intitulé : Le gré à gré loin des textes européens.
« Près de 40% des transactions hors marché (OTC) sur les valeurs phares des marchés d’actions européens, celles inclues dans l’indice Euro Stoxx 50, sont inférieures à la taille de détail : soit 7 500 euros, 48% des échanges sont inférieurs à la taille standard. Surtout, 73% n’auraient pas eu à subir d’impact de prix si elles avaient été exécutées sur le marché. L’OTC, qui représente aujourd’hui 40% de l’ensemble des volumes réalisés sur les marchés d’actions européens, pourrait permettre l’exécution d’ordres importants en évitant l’effet de marché. »
Chris Roebuck, professeur honoraire à la Cas Business School, dans « Les Echos » daté du 24 septembre 2010 :
Article intitulé : Régulation : les banques joueront-elle vraiment le jeu ?
« Les accords de Bâle III, qui seront ratifiés par le G20 de novembre, permettent enfin de s'accorder sur la définition des termes « capital » et « liquidité ». C'est une avancée importante, car la crise financière a notamment été causée par les différentes interprétations du terme « capital ». Avant la crise, les banques établissaient elles-mêmes leurs propres règles, se conformant -en théorie -à quelques principes généraux. Mais dans les faits, certaines banques faisaient passer pour du « capital » ou du « liquide » des choses qui ne l'étaient pas, pour accroître leur risque et ainsi faire plus d'argent, avec les conséquences désastreuses que l'on sait. Elles espéraient que personne ne se soucierait de cette « interprétation flexible ». Mais l'histoire a montré que les dirigeants de banques ne semblent pas capables de respecter les grands principes régulateurs. Mais les banques, si elles le veulent, peuvent remporter la bataille pour minimiser le contrôle externe de leurs activités : en exerçant un fort lobbying contre un contrôle plus strict, en menaçant de quitter les pays qui leur demanderaient de payer plus de taxes. Nous avons affaire à une crise de leadership: les leaders du G20 ont déçu l'attente des gens qui espéraient une limitation des bonus excessifs et un rétablissement de la stabilité financière. En attendant, les patrons de banques n'ont pas montré le moindre signe de changement dans leur comportement. »
Commentaire : Tout comme « certaines banques faisaient passer pour du « capital » ou du « liquide » des choses qui ne l'étaient pas » est-il encore sérieux aujourd’hui de faire croire à l’ensemble des investisseurs que les cours de bourse reflètent une réalité « liquide » ?
Denis Kessler dans « Challenges » daté du 23 septembre 2010 en page 48 :
Article intitulé : Les réformes ou l’huissier ?
« James Tobin, Prix Nobel d’économie, avait particulièrement raison d’insister sur ce qu’il appelait les « contraintes de liquidité ». Contraintes qui vont souvent amener à adopter un comportement relativement irrationnel pour essayer de satisfaire son ou ses créanciers, et éviter les sanctions de toute nature, contractuelles, financières, légales, réputationnelles, qui risque d’être prises à son encontre. Il va être amené, par exemple, à vendre des actifs à perte uniquement pour avoir du cash, à se réendetter dans des conditions usuraires, à jouer son va-tout dans des opérations qu’il n’aurait jamais entreprises s’il n’entendait pas déjà les pas de l’huissier dans l’escalier. Lorsque la contrainte de liquidité commence à serrer et que les échéances se rapprochent, l’horizon économique se rétrécit et l’on devient myope, stressé, obsédé par l’obstacle qui grossit et qui paraît insurmontable. La rationalité économique est une fonction croissante de la flexibilité financière, elle-même fonction décroissante des contraintes de liquidité. Cette situation où le débiteur est en mode « panique » peut avoir des conséquences graves. »
Commentaire : Le « mode panique » engendré par la contrainte de liquidité, cas où les investisseurs voudraient retirer en masse (franchissement du Seuil Sociologique d’Acceptation des Baisses), voilà ce qui n’est pas pris en compte dans le système de cotation actuel. Quand les Autorités de régulation vont-elles accepter ce fait ? Quand vont-elles réagir ? Augmenter les fonds propres ne sert strictement à rien dans ce cas de figure.
Chris Roebuck, professeur honoraire à la Cas Business School, dans « Les Echos » daté du 24 septembre 2010 :
Article intitulé : Régulation : les banques joueront-elle vraiment le jeu ?
« Les accords de Bâle III, qui seront ratifiés par le G20 de novembre, permettent enfin de s'accorder sur la définition des termes « capital » et « liquidité ». C'est une avancée importante, car la crise financière a notamment été causée par les différentes interprétations du terme « capital ». Avant la crise, les banques établissaient elles-mêmes leurs propres règles, se conformant -en théorie -à quelques principes généraux. Mais dans les faits, certaines banques faisaient passer pour du « capital » ou du « liquide » des choses qui ne l'étaient pas, pour accroître leur risque et ainsi faire plus d'argent, avec les conséquences désastreuses que l'on sait. Elles espéraient que personne ne se soucierait de cette « interprétation flexible ». Mais l'histoire a montré que les dirigeants de banques ne semblent pas capables de respecter les grands principes régulateurs. Mais les banques, si elles le veulent, peuvent remporter la bataille pour minimiser le contrôle externe de leurs activités : en exerçant un fort lobbying contre un contrôle plus strict, en menaçant de quitter les pays qui leur demanderaient de payer plus de taxes. Nous avons affaire à une crise de leadership: les leaders du G20 ont déçu l'attente des gens qui espéraient une limitation des bonus excessifs et un rétablissement de la stabilité financière. En attendant, les patrons de banques n'ont pas montré le moindre signe de changement dans leur comportement. »
Commentaire : Tout comme « certaines banques faisaient passer pour du « capital » ou du « liquide » des choses qui ne l'étaient pas » est-il encore sérieux aujourd’hui de faire croire à l’ensemble des investisseurs que les cours de bourse reflètent une réalité « liquide » ?
Nicole El Karoui, mathématicienne de renom,spécialiste des produits dérivés, responsable du prestigieux master probabilités et finance de l’Université Pierre et Marie Curie, dans « Les Echos » daté du 15 septembre 2010 en page 11 :
Article intitulé : Dans une salle de marché, on n’a pas le temps de réfléchir.
« Estimant que les régulateurs ont « manque de bon sens » avant la crise, elle propose de créer un observatoire des marchés, qui permettrait de mieux surveiller les flux de capitaux. Nous avons toujours insistés sur les risques et le fait que les dérivés étaient avant tout des instruments de couverture. En revanche, j’ai toujours refusé d’enseigner les dérivés de crédit, alors que la demande était forte. Il est trop difficile de mesurer correctement le risque et d’établir un prix pour ces produits. La faillite de Lehman a confirmé que les modèles ne fonctionnent que si certaines hypothèses sont vérifiées, notamment celles de la liquidité. La finance, ce n’est pas de la physique, cela ne se reproduit pas forcément. La crise a montré qu’il existe des risques de nature différente. Peut-être vaut-il mieux dissocier le risque sous-jacent de celui qui résulte de la pratique quotidienne de marché. Les modèles actuels ne font pas du tout cette distinction. Ils devraient être requestionnés en ce sens, mais ce n’est pas la priorité des banques. »
Commentaire : Cet article, d’une qualité indéniable, met l’accent sur le fait que le monde financier a joué et continue de jouer l’autruche en occultant totalement la liquidité de ses raisonnements. Nous nous trouvons dans la situation où les cours boursiers qui relèvent d’une fumisterie (car non significatif quasiment dans tous les cas) servent à alimenter des modèles mathématiques démultiplicateurs de risques systémiques. Cela me rappelle les déclarations de Monsieur Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF dont on ne peut douter de l’honnêteté, rapportée par Franck Nouchi dans « Le Monde » du 19 mai 2010 en page 26 : « M. Jouyet eut cette phrase un rien vertigineuse : "Pour fermer un marché, il faut déjà le connaître, savoir où il est. Il faudrait déjà qu'il y ait un marché." Comme il fallait bien mettre un peu de cohérence dans cet océan d'incertitudes, il ajouta : "Avant de suspendre des marchés, il faudrait d'abord les organiser." » »
Pascal de Lima, économiste en chef d’Altran Financial Services dans « La Tribune » daté du 15 septembre 2010 en page 12 :
Article intitulé : Les paradoxes de Bâle III.
« La crise financière avait mis en avant le risque de liquidité, l’opacité de la finance illusionniste… autant de sources de risques importants repoussés à 2018. »
Commentaire : Les vendeurs de performances factices, les comparatifs d’OPCVM servant à vendre aux épargnants des performances irréalisées et irréalisables ont encore plusieurs années de répit. Et si une crise importante arrivait avant 2018 ? Qui sera responsable ? Les régulateurs, les commissaires aux comptes qui certifient des valeurs fictives ? Qui paiera ? A cela nous avons la réponse.
Christèle Fradin dans « La Tribune » daté du 30 juillet 2010 en page 23 :
Article intitulé : Les régulateurs prônent davantage de transparence sur les marchés.
" Les banques ont lancé leur propre moteur de confrontation des ordres, en dehors de tout statut prévu par la directive. Cela parfois en toute transparence des intérêts à l'achat et à la vente, mais parfois en toute opacité. MIF a prévu des obligations en matière de transparence pour compenser les effets de cette concurrence nouvelle. La directive a aussi prévu des exemptions, notamment pour éviter à des gérants institutionnels d'avoir à subir un impact de marché provoqué par un ordre important. Mais elles sont aussi utilisées pour de petits ordres ! »
R.R dans « Les Echos » du 28 juillet 2010 en page 24 :
Article intitulé : Bâle 3 : les marchés saluent un assouplissement des règles.
« En décembre, deux ratios étaient à l’étude pour mesurer la résistance des banques en cas de retraits massifs d’argent, l’un pendant trente jours, l’autre pendant un an. Ils sont tous les deux maintenus mais leur calibrage a été nettement modifié. Les hypothèses de fuite des dépôts sont moins dures et les actifs éligibles au calcul du ratio de liquidité ont été élargis. Il ne devrait pas en outre être appliqué avant 2018. »
Commentaire : Ne pas, ou peu, tenir compte de la possibilité du franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses qui verrait une demande massive de retraits du jour au lendemain est totalement aberrant. La dernière crise est-elle déjà oubliée ! On le dirait. Place aux négociations dont les « Gogols » sont les épargnants. Pour rappel, la dernière crise n’a pas été une crise boursière, il n’y a pas eu d’augmentation significative des volumes. Elle n’a été qu’une crise du système de cotation qui est obsolète. Mais demain quand les investisseurs décideront de vendre en masse par lassitude ? Comment l’Etat fera-t-il face ?
Virginie Robert dans « Les Echos » du 20 mai 2010 en page 33 :
Article : Krach-éclair à Wall Street : des coupe-circuits sont testés.
« Le « flash crash » (krach-éclair) du 6 mai dernier, ces quelques minutes pendant lesquelles Wall Street a plongé et effacé jusqu’à près de 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. La SEC propose d’instaurer de nouveaux coupe-circuits, qui se superposeraient à ceux existants. Les transactions sur un titre intégré à l’indice S&P 500 seraient arrêtées pour cinq minutes si celui-ci faisait l’objet d’un changement de prix supérieur à 10% lors des cinq minutes précédentes. « Je pense que l’instauration de coupe-circuits pour des titres individuels à travers toutes les places de marché limitera la volatilité. Cela va aussi accroître la transparence du marché et améliorer la protection des investisseurs », a souligné Mary Shapiro de la SEC. Le rapport de la SEC – qui écarte pour l’instant toute preuve d’erreur humaine, de piratage informatique ou d’activité terroriste – s’oriente vers un manque de liquidités sur le marché. »
Martin Wolf dans « Le Monde » du 27 avril 2010 en page 2 :
Article intitulé : Dire aux banquiers qu’il faut cesser de prendre des risques inconsidérés ne suffit pas. On doit faire en sorte qu’ils en aient peur. Stopper la machine infernale.
« Plus nous prenons conscience des risques que fait courir à l’économie mondiale le fonctionnement de notre système financier, plus il apparaît évident que le radicalisme est l’option la plus sûre pour mener à bien une réforme de son fonctionnement. L’aspect le plus dangereux réside dans l’obligation faite aux autorités de laisser gonfler une nouvelle série de bulles de crédit afin d’enrayer l’impact dévastateur de l’implosion des précédentes. Engorgés comme il l’est, l’actuel système financier génère-t-il des gains qui justifient ces coûts pour l’économie réelle ? S’ils sont des serviteurs précieux de l’économie, les systèmes financiers font de biens piètres maîtres. Même l’argument souvent avancé selon lequel une plus grande liquidité du marché est préférable à une moindre liquidité n’est pas irréfutable, car cette liquidité exacerbe la « négligence rationnelle ». »
Noël Amenc, professeur de finance et directeur de l’Edhec-Risk Institute, propos recueillis par Thierry Serrouya, dans « La Tribune » du 19 avril 2010 en page 26 :
Article intitulé : Le marché secondaire des fonds fermés doit s’organiser.
« La crise a mis en lumière des différences entre la liquidité des fonds et celle des sous-jacents qui les composent, notamment pour des produits investis dans des stratégies ou classes d’actifs peu liquide. Avec comme conséquence, la difficulté d’une bonne gestion de l’actif et du passif que les fonds ouverts sont censés proposer. Il semble important de rappeler qu’une des règles de base de la gestion des risques d’un organisme de placement collectif (OPC) est constituée par la bonne adéquation entre sa stratégie d’allocation d’actifs et son passif, notamment en matière de durée de détention ou plus généralement de liquidité. Il est clair qu’en considérant qu’une meilleure protection des épargnants européens passait nécessairement par des fonds ouverts dont on renforçait les règles et l’exigence de liquidité, les régulateurs et la Commission européenne ont une lourde responsabilité dans la crise de liquidité de nombreux produits financiers. »
Sylvain Cypel dans « Le Monde » du 22 mars 2010 en page 12 :
Article intitulé : Quand Alan Greenspan redécouvre les vertus de l’Etat.
« Durant son mandat, M. Greenspan jugeait que les marchés financiers "s'autorégulaient" bien mieux que ne le ferait n'importe quelle intervention publique. L'ex-maître à penser est peu enclin à assumer sa part...Pourtant, M. Greenspan, 84 ans, suggère qu'il est du rôle de l'Etat de maintenir la taille des établissements financiers dans des dimensions permettant d'éviter les "vastes et inhabituels risques systémiques" que constituerait leur manque soudain de liquidités. Il souhaite aussi que l'Etat puisse démanteler des établissements devenus "trop gros pour échouer" qui mettent en péril le système. Pour autant, "tant que la société ne choisit pas d'abandonner les marchés dynamiques pour une forme quelconque de planification centralisée", l'ex-gourou de la finance reste sceptique sur la capacité d'aucune régulation d'enrayer les crises, inhérentes au capitalisme. Mais il estime que, bien menée, elle peut aider les pouvoirs publics à s'y confronter mieux et plus vite. »
Anne Michel, service économie, dans « Le Monde » du 18 mars 2010 en page 2 :
Article intitulé : Les Etats en quête de remèdes contre la spéculation.
« Dans un contexte de libéralisation des marchés, il n’est pas possible d’empêcher les mouvements spéculatifs. Ceux-ci sont constitutifs du fonctionnement des marchés, et parfois même utiles. La spéculation n’est pas scandaleuse lorsqu’elle consiste à prendre un pari sur l’avenir, en achetant une action dans l’espoir que son prix augmente. La spéculation devient dangereuse lorsque, sur un marché donné, les transactions s’envolent, déconnectées des flux réels. Ces mouvements exubérants aboutissent à des bulles et à des krachs, qui déstabilisent l’économie réelle. La liquidité est alors totalement artificielle, et peut disparaître du jour au lendemain. Plusieurs pistes devraient être explorées concomitamment, à commencer par l’adoption de règles de marché efficaces. A défaut, la prochaine crise pourrait partir des dérivés, cette boite noire de la finance mondiale.»
Anne Rodier, propos recueillis de Jean de Maillard, magistrat, auteur de « L’Arnaque. La finance au-dessus des lois et des règles, dans « Le Monde » du 17 mars 2010 en page 5 :
Article intitulé : La sortie de crise passe par une reprise en main du système financier.
« Le problème n'est pas juridique en tant que tel, il est de repenser complètement l'ordre financier international. La sortie de crise doit tout d'abord passer par une reprise en main du système financier qui a échappé au contrôle des Etats. Ceux-ci ont permis depuis 1971 l'affaiblissement des mécanismes de supervision. Ils ont accepté et souhaité le transfert de leurs prérogatives aux marchés financiers et se sont rendus eux-mêmes impuissants. Or, à cause de cela, la fraude est devenue une variable d'ajustement et un mode de gestion de l'économie et de la finance. Nous avons atteint le stade de la finance "Ponzi" (du nom de l'escroc américain qui avait mis au point une pyramide en rémunérant les investisseurs avec l'argent des nouveaux entrants). Le système financier mondialisé n'est pas fondamentalement différent de celui d'un Bernard Madoff. Sauf que ce dernier était un artisan qui travaillait pour son compte... Une bonne partie de la remontée des cours de Bourse depuis mars 2009 est artificielle et résulte de transgressions des règles normales. Mais, les professionnels n'ont aucun intérêt à le dire et les politiques qui pourraient éventuellement y remédier se gardent bien de faire quelque chose. Les Etats doivent récupérer leur capacité de régulation, ce qui ne se fait qu'au travers du droit... Mais les vraies questions à poser sont le manque de visibilité de la finance de marché, ainsi que sa nuisance économique, voire politique. »
Anne Michel dans « Le Monde » du 12 mars 2010 en page 13 :
Article intitulé : Michel Pébereau : « Rien ne sera plus comme avant »
« Certains régulateurs ont failli à leur mission. Pour qu’on ait abouti à un risque de crise systémique et une récession mondiale, à partir du simple éclatement d’une bulle immobilière aux Etats-Unis, il faut qu’il y ait eu des responsables qui aient dérapés à plusieurs niveaux. Les défaillances les plus graves se sont produites aux Etats-Unis. Il y a quatre niveaux de responsabilité : la politique monétaire américaine de facilité, source de surendettement, et les déséquilibres structurels des paiements internationaux courants, dont le déficit des Etats-Unis ; l’illusion du tout-marché, entretenue par les normes comptables internationales, qui a conduit à s’imaginer qu’il y avait un marché, donc une liquidité, pour tout actif financier, même le plus baroque ; les imprudences d’établissements financiers qui ont pris des risques mortels de solvabilité ou de liquidité ; enfin, certains régulateurs ont failli à leur mission. Il faut s’assurer que les banques se sont dotées de systèmes adaptés pour maîtriser les risques de liquidité, sans les empêcher de faire leur métier, qui est pour une part de transformer de l’épargne à court terme en crédits plus longs.
Jérôme Batout, maître de conférences à Science po, dans « La Tribune » du 24 février 2010 en page 13 :
Article intitulé : La crise entre trouble des valeurs et malaise dans la valeur.
« Quelle perspective peut-on tracer d’une crise non pas d’évaluation mais de valorisation ? Il nous faut prendre conscience que si la crise de valorisation se révèle par la finance, la finance n’est que le signe avant-coureur, l’indicateur avancé, d’une crise de valorisation qui contamine de jour en jour des compartiments de plus en plus large de l’espace social des démocraties libérales globalisées. Il ne faut pas avoir peur de l’écrire : la crise financière ne se sépare pas d’une crise politique, dont on perçoit à présent les prodromes. Cette situation, qui ne doit pas nous réjouir, appelle ainsi un projet d’ampleur, et nouveau pour les modernes, qui tient à une réflexion sur ce qui pourrait – après une théorie de la valeur économique qui a rendu de bons et loyaux services au XX siècle – donner aux sociétés et aux individus modernes le moyen, dans les différentes sphères de leur action pratique, de formuler des repères de valorisation qui forment les conditions préalables – transcendantales dirait-on dans le langage philosophique – en l’absence desquelles aucune action d’évaluation et aucune production de valeur ne sont véritablement possible. »
Benjamin Jullien dans « La Tribune » du 22 octobre 2009 :
« Le rapport de Didier Marteau, directeur chez AON et professeur à ESCP Europe, remis à Christine Lagarde propose de créer un régulateur comptable européen qui pourrait suspendre l’application de la valeur de marché lorsque la liquidité fait défaut, pour éviter que des valeurs déprimées ne contaminent le bilan et les résultats des institutions financières. Il ébauche même une démarche pour identifier ces situations en décomposant les primes de liquidité. »
Julien Coulouarn et Saad Benlamine de Natixis dans « Gestion de fortune » d’octobre 2009 en page 92 :
« Un marché liquide permet d’acheter ou de vendre un actif rapidement sans écart de prix important. La liquidité, facteur d’investissement relégué au dernier plan pendant des années de bull market, est redevenue un point central pour toute décision d’investissement. Cette décollecte a ainsi engendré des ventes forcées et amplifié la chute des marchés, parfois bien au-delà des fondamentaux. »
Georges Paugey, Directeur général du Crédit Agricole, dans « Les Echos » du 28 septembre 2009 :
« Le risque systémique était totalement sous-estimé avant la crise financière, comme beaucoup d’autres risques, tels que la liquidité »
André Lévy-Lang, ancien président du directoire du groupe Paribas et professeur associé émérite à Paris Dauphine, dans « Les Echos » du 25 septembre 2009 :
« Il faut plus de transparence dans les risques pris par la finance, et il faut que la rentabilité des activités financières prenne mieux en compte ces risques. Ces règles cachent des enjeux considérables. Leur mise en oeuvre est le vrai test de la capacité des dirigeants politiques à imposer une nouvelle régulation financière à leurs divers lobbies. Réduire le caractère procyclique des règles de capital, et mieux prendre en compte le risque de liquidité »
André Orléan dans « le Monde » du 19 septembre 2009 page 24 :
« Selon la doctrine (du principe concurrentiel en finance), si la concurrence n’a pas produit les bons prix durant la crise, cela ne serait nullement du à ses limites propres mais au fait que les institutions et réglementations censés l’épauler ont failli. La crise ne viendrait donc pas des marchés eux-mêmes, de leur inefficience intrinsèque, mais de l’extérieur des marchés : des produits opaques, des investissements cupides, des traders avides de bonus, des régulateurs aveugles, des agences de notation paralysées par les conflits d’intérêts, des normes comptables pro-cycliques en auraient perverti le fonctionnement. » ; « Il s’agit de comprendre que la concurrence financière ne produit pas ce qu’elle produit classiquement sur les marchés de marchandises ordinaires, à savoir une autorégulation réussie. C’est un point théorique fondamental. Sur un marché standard l’augmentation du prix produit automatiquement des contre-forces qui font obstacles à la dérive des prix. C’est la fameuse loi de l’offre et de la demande : quand le prix augmente, la demande baisse et l’offre augmente, toutes choses qui font pression à la baisse sur le prix et sont à la racine de l’auto-régulation concurrentielle. Sur le marché des actifs, il en va tout autrement. L’augmentation du prix peut produire une augmentation de la demande ! Il en est ainsi parce que l’augmentation du prix d’un actif engendre un accroissement de son rendement sous forme de plus-value, ce qui le rend plus attractif auprès des investisseurs. Une fois enclenché, ce processus produit de forts désordres puisque, la hausse se nourrissant de la hausse, il s’ensuit une augmentation vertigineuse des prix, ce que l’on appelle une bulle. Or, accroître la transparence ne suffit en rien à enrayer ce processus. Des bulles apparaissent pour des produits parfaitement transparents. La bulle internet nous en fournit une illustration. Aux yeux d’une telle analyse théorique, la régulation financière doit avoir pour objectif stratégique, non pas de promouvoir la transparence, mais de faire en sorte que les instabilités qui sont dans la nature de la finance de marché conservent des tailles maîtrisables sans activer le risque systémique. Pour se faire, il s’agit de s’opposer à leur diffusion. Rappelons que c’est une propagation qui a transformé un accident au départ limité à un segment fort réduit de la finance états-uniénne, les subprimes, en un chaos planétaire, multipliant par mille les pertes encourues. »
Monsieur Claude BEBEAR, président d’honneur d’Axa, dans La Tribune du 25 août 2009 :
« Cela n’a aucun sens de comptabiliser dans l’instant une valeur de marché qui ne reflète pas la valeur des actifs. Cela accélère la formation de bulles ou la production de krachs sans donner une image fidèle des entreprises. Il faut aussi réglementer les agences de notation dont les notes ne sont pas suffisamment transparentes et lisibles. Cela frise parfois la malhonnêteté. »
Monsieur Gonzague de Blignières dans « Le Figaro » du 11 août 2009 écrit : « Le spéculateur financier investit ou se retire sur la base du crédit qu’il accorde à la qualité de l’information : interprétation des cours de bourse, publicité des banques … Si cette information se dégrade, le ressort de la confiance est brisé. »
Monsieur André Orléan (directeur de recherche au CNRS, directeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHSS), membre du laboratoire Paris-Jourdan Sciences économiques) écrit dans la revue « L’économie Politique » n°43 de juillet 2009 :
« C’est l’incapacité des marchés financiers à produire une estimation correcte de la valeur des actifs qui est la cause essentielle des déséquilibres actuels », « il faut revenir sur la primauté absolue accordée à la liquidité financière ».
Comme l’explique Monsieur Paul-Henri de la Porte du Theil, Président de l’Association Française de Gestion dans Le Monde du 18 mai 2009
« Dans la gestion, nous avons focalisé sur le couple rendement-risque en oubliant la liquidité qui semblait aller de soi. L’effet de ciseau entre un passif qui décollecte et un actif illiquide peut être très douloureux ».
Madame Pauline Hyme et Monsieur David Bourguelle, chercheurs en finance à l’Institut d’administration des entreprises de l’université de Lille, dans « Les Echos » du 29 07 09 :
« La reconnaissance des failles de la liquidité amène in fine à un tout autre remède que celui de la nécessaire transparence des marchés financiers. Leur utilité sociale ne peut aller de pair avec une liquidité boursière pléthorique. Une fois considérés les dégâts qu’elle peut provoquer, l’urgence semble bien plutôt d’en restreindre drastiquement son champ d’action »
Yves de Kerdrel dans Le Figaro du 31 mars 2009 soulignait suite à l’article d’Alain Minc (ci-dessous) : « On a rarement eu le sentiment d’une telle déconnexion entre l’univers feutré de certains conseils d’administration et le climat de désespérance qui touche nombre de nos compatriotes ».
Alain Minc dans Le Figaro du 23 mars 2009 : Lettre ouverte à mes amis de la classe dirigeante, « Mesurez-vous que le pays à les nerfs à fleur de peau, que les citoyens ont le sentiment, fût-il erroné, de subir une crise dont nous sommes tous à leurs yeux les fautifs ? Ignorez-vous que la quête de boucs émissaires est une constante de notre histoire et que 1789 se joue en 1788 ? » ; « Acceptez-vous de méditer ce mot de la comtesse de Boigne, une habituée des révolutions : ‘Les peuples ont l’instinct de leur approche ; ils éprouvent un malaise général. Mais les personnes haut placées n’aperçoivent le danger que lorsqu’il est devenu irrésistible’ »
Philippe Béchade dans MoneyWeek du 22 janvier 2009 : « Avec la disparition d’un nombre impressionnant d’acteurs, qui assuraient plus de 60 % des volumes quotidiens, l’épaisseur des carnets d’ordres s’est considérablement réduite. Le marché, déserté, trahit jusqu’à sa raison d’être.
Discours de Monsieur Le Président de la République, Doha le 29 novembre 2008 : « Face à cette crise, il y a deux attitudes. La première consisterait à continuer comme avant, sans tirer aucune leçon des erreurs du passé. La seconde consiste à faire de cette crise sans précédent, une opportunité pour changer le monde »
Roger DE WECK, éditorialiste dans « Les Echos du 7 mai 2008» :
« La gestion des risques par les banques, et par des agences de rating sous influence, a suggéré, notamment par le biais de modèles mathématiques, qu’il était possible de gérer raisonnablement des investissements inconsidérés. Les banques se dupèrent elles-mêmes et ont encouru des échecs à répétition. »
« Si, de concert, les autorités de surveillances, les banques centrales et les gouvernements ne changent pas rapidement la donne, la nouvelle « règle d’or bancaire » tiendra en un mot : la prochaine crise est pour demain. »
Eric CHALMET dans « La Tribune du 2 mai 2008 » reprend les propos du secrétaire au Trésor des Etats-Unis Henry PAULSON :
« Notre structure de réglementation actuelle n’a pas été construite pour faire face au système financier moderne ». Le projet est de transformer la Réserve fédérale en régulateur de la stabilité financière
Pervenche Berès, Présidente de la Commission économique et monétaire de l’Assemblée de Strasbourg dans « La Tribune du 26 octobre 2006 » :
« L’évaluation de ces fonds est très souvent très arbitraire et n’offre pas aux investisseurs une vue exacte de leurs positions et performances ».
« De façon indirecte, les banques sont leurs contreparties »
« Mettre fin à leur opacité alors même que leur accès aux marchés est sans limite ».
Paul Fabra sur le marché en général dans « Les Echos » du 20 octobre 2006 :
« Jamais des marchés boursiers apparemment sains n’auront été conditionnés par des opérations aussi artificielles. »
Lu dans la revue « Gestions alternatives » de juin 2006 :
Monsieur Bruno Lataste, Directeur commercial et de la relation client chez Euro-VL :
« Ces produits sont pour la plupart, gérés à l’étranger et bien souvent administrés depuis des places offshores.
Nous sommes chargés de récupérer les valeurs des fonds avec des problèmes de décalages horaires et ceux relatifs aux moyens de communication souvent rudimentaires. Nombre de nos correspondants ne disposent que d’un fax et d’un téléphone. On est loin des systèmes de transmission automatisés utilisés ailleurs »
Adam Lerrick, professeur de Carnegie Mellon University :
« La vérité est qu’on ne sait pas si les marchés financiers sont devenus plus dangereux ou plus vulnérables.
Alors que les émissions d’actions et d’obligations cotées se sont stabilisées dans le monde autour de 600 à 700 milliards de $ par an, entre 2000 et aujourd’hui, les prêts syndiqués sont, eux, désormais émis à un rythme de 500 milliards de $ par an.
Nous pouvons considérer qu’alors que nous nous remettons économiquement seulement de 2000, il y a déjà une valeur cinq fois supérieure à celle de 2000. Si cela continue, que va-t-elle devenir dans 2 ans ? Et dans 6 ans ? ».
EDHEC :
« 51 % des investisseurs institutionnels européens sont d’ores et déjà exposés aux stratégies alternatives, et ces dernières représentent en moyenne 7 % de leurs encours. Pourtant, les résultats de l’EDHEC European Alternative Diversification Practices Survey publiés en début d’année révèlent d’une part que ces institutionnels disposent d’une connaissance insuffisante des facteurs de risques auxquels ces actifs sont exposés et, d’autre part, à des politiques d’allocations inefficientes ».
Petre Hollands, Directeur général du Bloomsbury Minerals Economics :
« Les Echos du 10 octobre 2006 :
Cette composante « spéculative » pèse d’avantage que celle de la parité du billet vert et même du cycle de la demande.